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Assignée par Yahoo aux USA, l'UEJF lui demande 100
000 euros pour payer le procès. 31/01/2001
Dernier rebondissement dans l'affaire Yahoo contre la Licra et l'Uejf : l'Union
des étudiants juifs de France demande au président du TGI de Paris, Jean-Jacques
Gomez, de condamner en référé Yahoo Inc. à lui verser une somme provisionnelle
de 100 000 euros (656 000 F) pour lui permettre de se défendre de manière équitable
dans le procès que lui intente le portail américain aux Etats-Unis.
Alors que la Licra et l'Uejf n'ont jamais déclaré vouloir y faire exécuter les
ordonnances
des 22 mai et 20 novembre 2000 rendues par le tribunal de Paris, elles ont néanmoins
été assignées devant une cour
de San Jose, en Californie, afin que celle-ci rende un jugement déclaratoire
sur la compatibilité des deux ordonnances françaises jugées contraires à la
liberté d'expression garantie par la constitution américaine. L'Uejf estime
qu'elle n'a pas les moyens d'assumer le coût financier d'une telle procédure.
Elle fonde également sa revendication sur le préjudice qu'elle a subi du fait
que Yahoo a maintenu ses enchères d'objets nazis entre avril 2000 et janvier
2001, date à laquelle ils ont été retirés du site.
Affaire UEJF contre SA Multimania : le fournisseur
de contenu d'un site néo-nazi devant le tribunal. 18/01/2001
Le fournisseur de contenu du site qui était situé à l'adresse "www.multimania.com/nsdap"
sera entendu devant le tribunal pour enfants de Boulogne le 26
février 2001. Son identité avait été fournie par son
fournisseur d'hébergement, Multimania. Par jugement
du 24 mai 2000, le TGI de Nanterre avait rejeté l'action en responsabilité
de l'UEJF contre Multimania.
Multimania hébergeait le site du mineur, site qui faisait apparaître de nombreuses
références à l'idéologie nazie sous forme notamment de croix gammées, d'extraits
de Mein Kampf et de chants néonazis. Selon le TGI, "il n'est pas exigé du
fournisseur d'hébergement qu'il exerce une surveillance minutieuse et approfondie
des sites qu'il abrite …". Le Tribunal avait considéré cependant que l'hébergeur
devait prendre "les mesures raisonnables qu'un professionnel avisé mettrait
en œuvre pour évincer de son serveur les sites dont le caractère illicite est
apparent" et de rajouter que la responsabilité du fournisseur d'hébergement
devait s'apprécier, in concreto, selon ses compétences propres. Il ne pouvait
donc être reproché à Multimania d'ignorer la signification du terme "nsdap"
qui dépend "d'une culture spécialisée". De plus, le tribunal avait considéré
que Multimania avait fait "les diligences nécessaires avant même la réception
de l'assignation" pour identifier le fournisseur de contenu et communiquer
ses coordonnées à l'UEJF, ce qui a permis à celle-ci de déposer plainte contre
lui. Le tribunal a ainsi conclu que Multimania avait satisfait à ses obligations.
Rappelons que l'UEJF avait obtenu du TGI
de Paris le 22 mai 2000 que Yahoo Inc prenne "toutes les mesures de nature
à dissuader et à rendre impossible sur Yahoo.com toute consultation du service
de ventes aux enchères d'objets nazis et de tout autre site ou service qui constitue
une apologie du nazisme et une contestation de crimes nazis".
Infirmation en appel du jugement Sony / Alifax.
18/01/2001
Dans des termes assez sévères envers Sony, la cour
d'appel a infirmé la décision du TGI de Nanterre du 20 mars 2000. Par ce
jugement,
son distributeur Alifax avait été condamné pour avoir enregistré le nom de domaine
"espace-sony.com" sans son autorisation. La cour considère qu'Alifax ne s'est
rendu coupable ni de contrefaçon des marques Sony et Espace Sony, ni de parasitisme
ou de concurrence déloyale. En revanche, elle confirme l'interdiction faite
à Alifax d'utiliser les noms de domaine "www.espace-sony.com" et "www.alifax-espace.sony.com".
En 1997, Sony et Alifax avaient conclu un accord pour l'élaboration et le lancement
du site internet du distributeur, identifié sur le nom de domaine "www.espace-sony.com".
Dans cette convention, il était prévu qu'Alifax obtienne l'enregistrement du
nom de domaine et procède à sa radiation ou à son transfert lorsque l'accord
cesserait de produire ses effets. Or la cour constate qu'en tenant compte du
délai de préavis, la résiliation de ce contrat est intervenue après le jugement
du 20 mars 2000. En conséquence, les juges excluent toute contrefaçon, parasitisme
et concurrence déloyale. Ils en profitent pour appeler Sony à "plus de rigueur
dans la définition des autorisations données et le respect des conditions de
leur remise en cause, rigueur seule compatible avec le principe de l'article
L 714-1 du CPI -dont elles revendiquent l'application- selon lequel les droits
conférés par la marque "peuvent être invoqués à l'encontre d'un licencié qui
enfreint une des limites de sa licence"".
L’ADIM et ses adhérents attaquent AOL en justice.
17/01/2001
Des adhérents de l’Association des internautes médiateurs ainsi que l’ADIM
elle-même ont décidé de réclamer des dommages-intérêts à AOL pour n’avoir pas
respecté son offre contractuelle d’un accès illimité à internet. Ils demandent,
en outre, la suspension par AOL de l’acceptation de nouveaux abonnés dans un
contexte de saturation du réseau.
Avant cette action, des internautes isolés s’étaient tournés vers différents
tribunaux français pour obtenir le rétablissement de l’offre d’accès illimité
du fournisseur d’accès. Ainsi à Loudéac en Bretagne où l’affaire est mise en
délibéré, le tribunal d’instance avait donné un mois à AOL pour remplir ses
obligations contractuelles, dans le cadre de la procédure non contradictoire
de l’injonction de faire. AOL ne s’étant pas exécutée le 12 janvier dernier,
date d’expiration du délai prévu par le juge, l’affaire a été examinée au fond,
après examen des arguments des deux parties. L’internaute réclame au prestataire
d’accès des dommages-intérêts pour n’avoir pas respecté ses obligations contractuelles
en interrompant abusivement les connexions au bout d’une session de 31 minutes,
alors qu’il avait souscrit un forfait d’accès illimité pour deux ans. Des modulateurs
de session ou timers apparaissent sur l’écran des internautes intensifs, soit
3 % des utilisateurs, pour les prier de limiter l’usage d’internet et les prévenir
qu’ils seront déconnectés au-delà de la trentième minutes de connexion.
De son côté, AOL estime avoir tout fait pour respecter le contrat. Le fournisseur
d’accès a pris des mesures techniques pour permettre l’amélioration des performances
de l’accès et maintien du service pour le plus grand nombre. Seul les internautes
intensifs, soit 3 % des clients, sont touchés par la modulation des sessions.
De toute façon, selon la porte-parole d’AOL, Bénédicte Lucien Brun, « le caractère
illimité du service était conditionné contractuellement par la disponibilité
du réseau ».
L'adoption probable de la loi sur la société de l'information
en 2002. 15/01/2001
L'adoption de la loi sur la société de l'information (LSI) annoncée pour le
début 2001 risque d'être repoussée en 2002, en raison de l'encombrement de l'agenda
parlementaire. En dehors de quelques arbitrages interministériels, le projet
de loi sur la LSI est cependant quasiment finalisé. Il pourrait donc être présenté
prochainement en conseil des ministres.
L’Afnic projette de devenir une autorité de certification.
15/01/2001
Jean-Yves
Babonneau, directeur général de l’Afnic, a annoncé lors des 5èmes rencontres
d’Autrans organisées par l’Internet Society France qui se sont tenues du 10
au 13 janvier 2001, l’intention de l’association en charge de la délivrance
du «.fr» de devenir une autorité de certification. «Cela représente un enjeu
fondamental pour l’indépendance d’un pays par rapport aux Etats-Unis. Nous devons
nous mobiliser pour développer en France des solutions de certification». Il
s’agit de ne pas laisser à Verisign le monopole mondial de la certification
des noms de domaine et d’éviter qu' «un coffre-fort américain donne des renseignements
sur notre vie privée».
Pour ce faire, l’Afnic pourrait offrir prochainement un service de certification
«pour permettre à quiconque de s’identifier dans tous ses échanges. Nous maîtrisons
la technologie pour établir des certificats et nous disposons d’experts en la
matière. Nous travaillons dans ce sens avec le CNRS et des chercheurs d’organismes
de télécommunications».
L'interview
de Jean-Yves Babonneau aux 5ème rencontres d'Autrans
Yahoo estime avoir eu un procès inéquitable en France.
10/01/2001
Après avoir annoncé l’interdiction de la vente d’objets nazis sur ses services
d’enchères en ligne, Yahoo Inc. a décidé de maintenir son recours aux Etats-Unis,
introduit le 21 décembre dernier contre les
ordonnances du TGI de Paris. Selon l’avocat du portail américain, Christophe
Pecnard, il faut séparer le volet moral de l’affaire qui a poussé Yahoo à réorganiser
ses plate-formes de ventes aux enchères de la problématique juridique. « Tous
les rebondissements judiciaires de cette procédure montre que l’aspect juridique
représente une réelle préoccupation pour l’internet. Si nous ne faisons rien
contre de telles décisions, nous risquons d’aboutir à la paralysie et au cloisonnement
du réseau. Le but de la procédure introduite aux Etats-Unis consiste donc à
obtenir la position d’une cour américaine sur la compatibilité des décisions
françaises par rapport à l’ordre public américain ». Yahoo tente ainsi de se
prémunir contre d’autres actions de même nature.
Dans sa demande en vue d’obtenir un jugement déclaratif (complaint for declaratory
relief) de la cour du district nord de Californie, Yahoo considère que les ordonnances
du juge Gomez sont inapplicables. Pour le démontrer, elle a d’abord invoqué
l’incompétence du juge français pour imposer des mesures à une société américaine
sur son territoire, d’autant plus qu’elles ne respectent pas la conception américaine
de la liberté d’expression. Elle a ensuite ajouté qu’une telle décision donnerait
aux étrangers une possibilité d’action contre les fournisseurs d’internet américains
alors que ces derniers sont exempts de toute responsabilité aux Etats-Unis.
Enfin, Yahoo estime que le procès français était inéquitable et non conforme
avec les règles de procédure américaines. Elle a notamment fait référence au
rapport des trois experts sous la responsabilité de François Wallon rédigé en
français. Le portail américain s’est, par ailleurs, plaint de ne pas avoir été
entendu de manière juste et complète. Stéphane Lilti, avocat de l’Uejf s’est
étonné d’une telle démarche dans la mesure où ni la Licra ni l’Uejf n’ont exprimé
leur volonté de demander l’exécution aux Etats-Unis des ordonnances du tribunal
de Paris. « Si nous voulons faire liquider les astreintes, nous n’avons pas
besoin de le faire aux Etats-Unis. Nous pouvons les faire exécuter en France
en visant les créanciers de Yahoo ».
Si Yahoo Inc. respecte indirectement les ordonnances du juge Gomez quant aux
conséquences, le portail américain n’a pas évoqué la mise en ligne de Mein
Kampf sur Geocities, site hébergeur de pages personnelles exploité par Yahoo.
Or ce texte fondateur du nazisme, visé par les ordonnances, est toujours sur
internet. « Sur ce point, je me réserve la possibilité de faire exécuter la
décision », a déclaré Stéphane Lilti.
Anonymat et identification des cyberdélinquants.
10/1/2001
C'est sur ce thème que se tiendra la prochaine rencontre APP, le mardi 23 janvier
2001 de 9h à 12h à Paris, qui réunira notamment Gérard Haas, Xavier Linant
de Bellefonds, Cyril Rojinsky, Ambroise Soreau, Alain Weber et Daniel Duthil.
Vous trouverez ici
le programme détaillé, ainsi que le formulaire d'inscription.
La mission pour l’économie numérique remplace la mission
Lorentz. 08/01/2001
La mission pour l’économie numérique devrait débuter ses travaux à l’occasion
de la fête de l’internet qui se tiendra au début mars, avec la première réunion
de son comité de pilotage, en présence de Laurent Fabius. Cette nouvelle structure
créée par le ministère de l’Economie et des Finances remplacera la mission sur
le commerce électronique présidée par Francis Lorentz. Au delà de la modification
du nom, la mission pour l’économie numérique sera permanente et possèdera un
champ d’action plus élargi que la mission Lorentz, uniquement dédiée au transactions
commerciales en ligne. Elle s’intéressera, en effet, à l’ensemble des évolutions
liées au développement des échanges électroniques et à leurs conséquences sur
l’économie. Le commerce électronique devrait être un sujet central de réflexion
et de propositions mais aussi la sécurité, la signature électronique, la monnaie
numérique, la dématérialisation des marchés publics, la fiscalité ou les jeux
en ligne. Pour assurer sa mission, elle disposera de six permanents, au lieu
de trois pour la mission Lorentz. Les grandes orientations de la mission seront,
par ailleurs, définies par le comité de pilotage qui réunira à la fois les directeurs
des ministères et vingt représentants du secteur privé dont un juriste. La nouvelle
mission sera présidée par Henri Guillaume, inspecteur général des finances.
Ce dernier est l’auteur d’une étude commandée par le ministère qui a inspiré
les grandes orientations de cette organisme.
Fermeture d'un site pornographique utilisant dans son
adresse url le nom Bertrand Delanoe.
05/01/2001
Bertrand Delanoe
a invoqué le trouble manifestement illicite qu'il subissait résultant de l'utilisation
sans autorisation de son nom pour désigner un site à caractère pornographique
accessible à l'adresse http://www.geocities.com/bertranddelanoe .
Les sociétés propriétaires du site avaient procédé, postérieurement à l'assignation,
à la suppression du site litigieux. Toutefois, le TGI de Paris, par une ordonnance
de référé du 31 juillet 2000, a retenu le préjudice résultant de l'utilisation
sans droit du nom du politicien.
Dans cette affaire, la société Alta Vista qui référençait le site litigieux
sur son moteur de recherche a également été mise en cause en sa qualité de propriétaire
sur le fondement de l'article 1384 du code civil. Mais ce ne sera qu'à l'issue
d'un débat sur le fond que la question pourra être tranchée.
Le commentaire de Me Jérôme Giusti et Guillaume Desgens-Pasanau
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